Se libérer et se délivrer grâce au Darknet

Comme son nom l’indique, le Darknet représente le côté obscure du web mais qu’est ce qu’il en est vraiment ? Sur ce réseau qui demeure sans foi ni loi, la navigation est portée sur l’anonymat et la confidentialité. Cependant, celui-ci n’est pas seulement un repère pour le pire de l’humanité, il existe parfois des raisons légitimes d’y accéder.

L’affaire Snowden : le commencement 

D’après Jean-Philippe Rennard, professeur à Grenoble Ecole de Management, le Darknet protège l’internaute des dangers et des conséquences du traçage sur internet, soit un véritable outil de conservation de la liberté. Un fait largement confirmé en par l’affaire Snowden en 2013, lorsque celui-ci a révélé plusieurs programmes de surveillance mondiale mis en place par la NSA. En effet, l’agence américaine avait alors collecté une grande quantité de données sur des chefs d’état français mais également sur des citoyens ordinaires. Comment ? En espionnant les échanges téléphoniques et les navigations sur le web. Ainsi, les révélations de l’informaticien de la CIA ne sont pas passées inaperçues aux yeux des médias et remettent en cause les valeurs de la démocratie.

Le Darknet au service de la liberté d’expression 

De ces faits, les aspect positifs du Darknet demeurent un peu plus évidents. Effectivement, en utilisant ce réseau vous vous rendez dans espace de liberté visant à vous exprimez comme bon vous semble et sans craintes d’être retrouvé ou censuré. C’est pourquoi, le Darknet est devenu un outil indispensable concernant l’échange d’informations capitales pour différentes organisations. Comme le parfait exemple des journalistes de guerre et d’investigation pouvant ainsi s’exprimer librement tout en protégeant leurs sources et leur vie privée. Ce qui explique le partenariat entre Reporters Sans Frontières et la fondation Tor qui consiste à créer et maintenir 250 points d’accès au réseau. Ainsi, les gouvernements autoritaires ne peuvent bloquer leur accès de par le caractère non publique qu’ils occupent et vous pouvez aussi rentrer en contact avec la fondation Tor (help@rt.torproject.org) lorsque ceux-ci ne sont pas disponibles.

Et c’est pas fini : Reporters Sans Frontières à mis à disposition un « kit de survie numérique » visant à adopter une bonne hygiène numérique pour sécuriser leurs données avec l’utilisation du réseau Tor. En revanche, cet outil n’est pas destiné qu’aux journalistes, les citoyens peuvent également s’en servir. Le kit de survie numérique est une aide indispensable aux dissidents politiques syriens, chinois et turques pour lutter contre la surveillance de masse à travers leur communication. Les dissidents sociaux s’y retrouvent également grâce à cet outil comme en Ouganda où l’on interdit aux homosexuels de communiquer sur des plateformes dédiées présentes sur le Darknet.

Vous l’aurez compris, le kit de survie porte bien son nom. 

Outre la sécurité des informations, des grands journaux internationaux tels que le Guardian, le Washington Post ou Mediapart possèdent leur propre système de lancement d’alerte pour signaler des faits dangereux pour la société via l’investigation de leurs journalistes.

Naviguer sur le Darknet

Le Darknet n’est pas si facile d’accès. De ce fait, peu d’internautes s’y rendent pour plusieurs raisons comme par exemple la peur d’attraper des virus informatiques ou par l’ignorance de son utilité. Toutefois, il suffit uniquement de télécharger un navigateur web spécial permettant de faire passer l’internaute par un ensemble de relais afin de le cacher pour qu’il puisse accéder anonymement sur des sites web ouverts ou cachés. 

Tor Browser est le navigateur le plus célèbre mais il en existe plein d’autres comme Freenet avec un écosystème anonyme complet (mails, blogs, etc) qui reste orienté sur les activités politiques.

Néanmoins, pour se rendre sur les sites web présents sur le Darknet, l’internaute doit d’abord connaître leur existence afin d’écrire directement leur adresse dans la barre des URL puisque ceux-ci ne sont pas indexés. A défaut de ne pas avoir accès à une barre de recherche, il existe tout de même une sorte d’encyclopédie participative (comme un Wikipédia du Darkweb) qui recense les sites en .onion par catégories. Ainsi, l’internaute peut trouver facilement les pages dont il a besoin en recopiant cette adresse: kpvz7ki2v5agwt35.onion.

En outre, Tor est ni bienveillant ni malveillant, c’est pourquoi il est essentiel de bien se renseigner sur les précautions à prendre une fois que le browser est installé sur votre ordinateur comme ne pas télécharger des fichiers torrents ou des plugins à ajouter à celui-ci. Ces recommandations permettent à l’internaute de protéger l’accès à son ordinateur et le bon fonctionnement de son browser. En effet, Tor offre la liberté de l’anonymat mais c’est à l’internaute d’en connaître les risques pour se prémunir des conséquences.


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