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Et si nos données pouvaient sauver l’humanité ?

Nos données personnelles peuvent-elles servir l’intérêt général ?

Aujourd’hui chacune de nos données personnelles valent de l’or pour les entreprises. Mieux encore, quelques clics sur Facebook permettent à l’algorithme de mieux vous connaître que la personne qui partage votre vie. On se dit souvent que ces données sont utilisées contre nous, pour nous manipuler. Mais ces informations pourraient aussi être des mines d’or pour l’avenir de l’humanité.

Quand nos données personnelles prédisent les épidémies

Vous vous souvenez peut-être de Google Flu Trends. Ce projet a compilé pendant 7 ans des données pour prévenir les épidémies de grippe dans plusieurs pays du monde. Cette aventure, qui partait d’une bonne intention, s’est achevée en 2015 avec un bilan mitigé. Le regroupement des données, parasité par les recherches liées aux informations relayées dans les médias, n’a jamais permis de prédire ces épidémies. 

Pourtant, en 2012, une étude publiée dans l’American Journal of Tropical Medicine and Hygiene a permis d’établir que, dans certains cas, nos données permettaient d’avoir 15 jours d’avance sur les rapports officiels concernant la propagation des maladies. Ces données collectées sur Twitter ont permis d’évaluer la progression d’une pandémie de choléra à Haïti en 2010. 

Les data qu’on transmet nous-même peuvent donc faire une différence significative pour prévenir les catastrophes humaines. 

Les données au service des populations vulnérables

Habitants des pays occidentaux, nous sommes peu exposés aux épidémies et aux famines. Ce n’est pas le cas de l’entièreté des populations mondiales. Ainsi pour aider ces pays à faire face aux crises alimentaires Google, Amazon et Microsoft se sont associés aux ONG. L’idée de ces géants du web est de développer des modèles analytiques basés sur une IA et le machine learning. Les data collectées et analysées permettront de prévenir les pénuries alimentaires qui pourraient dégénérer en famine. Cette expérience lancée dans plusieurs pays du continent africain en octobre 2018 sera, à terme, étendue à l’ensemble de la planète.

Le second problème majeur qui se pose pour ces populations est l’accès difficile à l’éducation. Les situations politiques et économiques ne permettant pas toujours de mettre en place des solutions pérennes pour ces populations. Dans un rapport de décembre 2018 UNESCO sur l’apprentissage dans le monde on apprend que 6 enfants sur 10 ne savent pas lire une phrase simple ou faire un calcul basique. C’est pour répondre à cette problématique que l’ODD4, l’Objectif de Développement Durable, a été lancé. Ce programme se base sur les données collectées dans divers pays afin d’accompagner les dirigeants dans l’amélioration des programmes d’apprentissage. L’UNESCO rappelle dans le même rapport que l’éducation joue un rôle fondamental dans le développement d’un pays.

La collecte de données à des fins de conseils dans ce domaine apparaît comme une solution à long terme. En effet ces pays seront pousser vers un développement de l’apprentissage et la réduction des conséquences économiques liées à une éducation inadaptée.

Le big data améliore aussi nos conditions de vie quotidienne 

Qui n’a pas déjà été confronté au manque de transports en commun dans certaines communes ? Depuis plusieurs années les villes ont compris le pouvoir des datas pour améliorer la vie des citadins. C’est le cas de Nice qui a eu accès en 2018 aux données du géant Uber. Ces data ont permis à la municipalité de connaître les zones mal desservies et les besoins en transports des citadins. Une même expérience a déjà été mise en place à Abidjan en 2016, cette fois avec l’utilisation des données GPS.

Ces smart cities, connectées à ses habitants pour améliorer leurs vies, sont aujourd’hui une réalité. En ville ou hors des territoires urbains, les data sont une richesse qui nous simplifie la vie. L’exemple de Waze est sûrement l’un des meilleurs. Depuis quelques années l’application collabore avec les acteurs de la mobilité, localement et mondialement, pour prévenir les usagers de la route des difficultés éventuelles et leur proposer des solutions alternatives. Cette collaboration a plusieurs bénéfices : la réduction du temps passé sur la route , possibilité d’être prévenu en cas de difficulté, l’augmentation de la sécurité sur les axes routiers et la réduction de la pollution générée par les ralentissements.

La collecte et le partage de nos données n’est donc pas un acte si monstrueux à condition d’en faire un usage positif pour l’humanité et la planète. Cet usage ne semble aujourd’hui pas le plus répandu et pourtant il existe. Le fait est qu’aujourd’hui on décide souvent de mettre le doigt sur les affronts faits à notre intimité par le biais de l’utilisation de ces données plutôt que sur tous les aspects positifs que le partage des datas peut générer. On peut être contre l’usage des données mais on ne peut plus nier aujourd’hui qu’elles peuvent servir et servent déjà l’intérêt général.

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