Cyberharcèlement - Twitter Une main tient un smartphone avec la page de connexion de Twitter visible.

Twitter, entre militantisme numérique et cyberharcèlement

Twitter, entre militantisme numérique et cyberharcèlement.
Une main tient un téléphone avec la page de connexion de Twitter visible.

Depuis quelques années, Twitter est devenu le réseau du militantisme numérique. Entre la lutte LGBT+, #BlackLivesMatter, #MeToo, et même son équivalent français #BalanceTonPorc, la plateforme abrite aujourd’hui de nombreux mouvements sociaux. Pourtant, de nombreux cas de cyberharcèlement sont encore dénoncés sur le réseau social du petit oiseau bleu. De la simple insulte aux menaces de mort répétées, certains accusent Twitter d’ignorer le problème.

À l’heure du numérique, les réseaux-sociaux sont aujourd’hui LE moyen de communiquer et diffuser de l’information rapidement. C’est ainsi qu’ils sont aussi devenus un moyen pour des milliers de victimes de sortir de leur silence. De #MeToo à #BalanceTonPorc ou encore #BlackLivesMatter… De temps en temps, ces hashtags font leurs réapparitions dans nos tendances Twitter pour dénoncer des propos toujours plus violents.

Ceux qui dénoncent en font les frais, même ceux qui ne sont pas nécessairement liés au mouvement. Il n’y a qu’à regarder Gillettes et sa nouvelle campagne contre la toxicité masculine, “The best a man can be” (le meilleur qu’un homme puisse être). Beaucoup d’hommes s’insurgent du caractère “culpabilisant” de la vidéo. Le spot publicitaire délivre un message positif qui encoure les hommes à « dépasser pour être de meilleures personnes ». Si la campagne a eu du succès auprès d’une large majorité, la clientèle masculine conservatrice de Gillettes s’est déchaînée sur Twitter. Celle-ci a appelé au boycott de la marque à coup de “c’est de la propagande féministe!” ou bien de “je n’achèterai plus chez vous !”

“Une femme insultée en moyenne toutes les 30 secondes.”

Beaucoup parlent aujourd’hui de « sexisme inversé ». Ce sont les hommes qui se font lyncher maintenant en ligne « au moindre faux pas”. Pourtant, des études prouvent que Twitter est un espace ou la misogynie prospère, tout comme l’homophobie et le racisme. Parmi ces études, celle d’Amnesty, réalisée en s’appuyant sur 288 000 tweets et des millions de messages à caractère menaçant.

Dans ce rapport, l’ONG explique que les femmes de couleur sont touchées 34 % de plus que les femmes blanches. Ce taux monte jusqu’à 81 % de plus pour les femmes noires spécifiquement. En moyenne, une femme reçoit un message agressif toutes les 30 secondes sur la plateforme. Enfin, l’organisation fait remarquer que si les tweets sont de 2017, ceux-ci n’ont été récupérés qu’en 2018. Depuis le temps, beaucoup d’internautes ont put supprimer leurs messages. Le problème pourrait donc être encore plus grave.

Des comportements qui dépassent les frontières d’Internet.

La communauté LGBT n’est pas épargnée. Même si de nombreux utilisateurs de Twitter en font partie, la plateforme est lente à réagir. Pour certains, Twitter ne fait rien pour empêcher la déferlante d’insultes homophobes de ses internautes.

On se souvient du hashtag #SiMonFilsEtaitGay qui avait fait parlé de lui en 2012, mais le problème est toujours là. Notamment, depuis plusieurs mois, le chanteur Bilal Hassani est victime de propos homophobes et de menaces de mort. Le candidat français à l’Eurovision 2019 a décidé de porter plainte contre X le mardi 29 Janvier. Cela avait commencé avant même sa candidature au concours, mais depuis sa sélection, la violence s’est décuplée. Malgré le signalement de nombreux tweets par sa communauté, beaucoup demeurent et aucun retour de la part de Twitter.

Mais parfois, la violence ne s’arrête pas avec Internet. En 2017, la journaliste Nadia Daam fut la victime d’une campagne de cyberharcèlement du forum 18-25 du site JeuxVideo.com. Celle-ci avait décrit le site comme une “poubelle à déchets non-recyclables” habité par “des gens dont la maturité cérébrale n’a visiblement pas excédé le stade embryonnaire”.

Réputé pour être un repère de harceleurs de la fachosphère et de militants anti-féministes, le forum n’a pas tardé à contre-attaquer. Menacée de viol et de meurtre, elle voit son adresse personnelle et celui du collège de sa fille dévoilées en ligne. Pour finir, ses nombreux comptes (bancaire, réseaux-sociaux, etc.) presque piratés à maintes reprises. Depuis, la justice française a condamné trois de ses harceleurs à six mois de prison.

“Twitter doit être plus transparent.”

Amnesty s’était déjà attaqué à Twitter en leur demandant de rendre leurs données sur le harcèlement publiques. Malheureusement, l’ONG s’était retrouvée face à un mur. “Twitter doit aussi respecter les droits de l’homme. Leurs internautes féminines devraient pouvoir s’exprimer sur ce réseau sans crainte.” Une représentante de Twitter, Vijaya Gadde, a répondu à Amnesty. Elle a affirmé que le réseau était “reconnaissant” pour les conseils de l’organisation. Cela fait toutefois plusieurs années que la plateforme reconnaît ces problèmes de harcèlement et de cyber sécurité. Jusqu’à aujourd’hui, aucun changement drastique n’a encore été réalisé pour régler cette situation, malgré des milliers de signalements chaque jour. Heureusement, comme dans le cas des harceleurs de Nadia Diaam, on constate de plus en plus de condamnations. En espérant que Twitter fasse sa part du boulot et aide un peu plus la justice à l’avenir…

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