Marathons de jeux vidéo et Crowdfunding : ils affrontent le côté obscur des réseaux sociaux

Il paraît qu’Internet est méchant, il paraît qu’Internet est cruel, mais qu’en est-il vraiment ?

Le web est souvent caricaturé comme rempli de trolls et d’haters. Il apparait pourtant que lorsque qu’on s’y intéresse de près, de nombreux beaux projets porteurs d’espoir ont fait leur apparition ces dernières années, poussés par d’importantes communautés venues des réseaux sociaux. 

Les jeux vidéo au service de causes nobles


Le jeu vidéo est un secteur en pleine expansion. Avec les séries et les réseaux sociaux, il est en tête des divertissements chez les jeunes générations (10-30 ans). Depuis quelques années, on assiste à une véritable professionnalisation des jeux vidéo avec la montée de l’e-sport (compétitions de jeux vidéo) mais également du « stream ». Des joueurs diffusent leur jeu en direct sur des plate-formes comme Twitch.tv ou YouTube et deviennent ainsi « streamers ». Ils interagissent avec leurs spectateurs, appelés « viewers », via un chat textuel sur la droite de l’écran.Les plus connus d’entre eux deviennent de vrais animateurs, et deviennent pour les ados d’aujourd’hui l’équivalent des animateurs TV pour leurs parents. On peut citer comme streamers influenceurs les américains Ninja ou DrDisrespect (qui jouent aux jeux « du moment » comme Fortnite en 2018) ou les français Gotaga ou Sardoche.
Souvent décrit comme rendant les enfants violents ou encore comme destructeur de lien social, le jeu vidéo a permis récemment de réaliser de beaux projets caritatifs, avec toujours les jeux vidéo comme coeur de divertissement. L’exemple le plus marquant est le « Z Event », un marathon gaming réalisé par le streamer français ZeratoR. Près de 45 streamers se sont réunis le temps d’un week-end pour enchainer sans coupure des parties de jeux vidéo. Les viewers étaient invités à faire des dons via Twitch, l’intégralité des dons étant reversée à l’association Médecins Sans Frontières. Lors de son édition 2018, le Z Event a récolté 1 100 000 euros en 50 heures de diffusion. Cet événement suscite un engouement croissant : son édition 2016 a permis de récolter 160 000€, son édition 2017 près de 500 000€. Le président Macron avait d’ailleurs salué la mobilisation pour la Croix Rouge en 2017 (après l’ouragan Irma).


Jérome Jarre ou comment mettre le digital au service de l’humanitaire


Jeune français expatrié à New-York, Jérome Jarre cartonne sur le net avec ses vines, des courtes vidéos de 6 secondes maximum sur l’application du même nom. Son mot d’ordre est la bonne humeur, il veut la répandre partout autour de lui. Rapidement, son nombre de followers s’emballe et devient ainsi une véritable célébrité sur Internet. Des années passent et Vine ferme ses portes. Jérôme Jarre déjà très impliqué, se lance alors à corps perdu dans l’humanitaire. Il se déplace et prend conscience des difficultés de vie des Rohingyas, des musulmans de Birmanie victimes d’une véritable exode et d’un génocide dont on entend peu parler dans les médias traditionnels.
Il lance alors un gigantesque mouvement, accompagné de nombreuses autres célébrités du net (Seb la Frite, Mister V, Natoo…) mais également plus classiques (Omar Sy, DJ Snake…) autour du monde. Encourageant leurs fans à se mobiliser sur les réseaux sociaux, ils affrèteront un avions de la Turkish Airlines réservé au transport de nourriture pour leur action. 14 mois plus tard leur page Gofundme est encore active et cumule 2 250 000 d’euros de dons. Une somme titanesques qui s’inscrit dans une toute nouvelle dynamique humanitaire qui s’affranchit des puissants du milieu se rémunérant sur les dons, faisant de l’humanitaire un business. 


Avec le crowdfunding, des inconnus font de vos rêves une réalité

Non seulement utilisé pour de grandes causes, le crowdfunding permet aussi de financer des projets moins grandioses mais de véritables produits d’Internet et héritage de l’esprit hacker : c’est bien la solidarité et l’ambition qui nourrit ces projets.Aussi appelé financement participatif (ou sociofinancement au Canada), cette pratique consiste à présenter un projet en faisant un appel aux dons.Les personnes finançant votre projet recoivent en échange une contrepartie, distribuée lors de la réelle mise en œuvre de votre idée de départ.
Ce système existe depuis une dizaine d’année et fut popularisé avec le web et et réseaux sociaux. Il a permis de faire éclore de beaux projets, à l’opposé de l’individualisme prôné dans la société actuelle.
C’est le cas par exemple de la web-série Noob, malgré son aspect amateur et petit budget, a vu le jour grâce au financement de milliers de fans de jeu de rôle.
Les membres d’une communauté peuvent également s’unir autour d’un projet commun pour le voir se concrétiser : on peut citer par exemple Shenmue 3, un jeu vidéo japonais entièrement financé par la plate-forme Kickstarter. Ce dernier a d’ailleurs battu des record avec plus de 2 millions de dollars récoltés en 24h, plus de 6.3 millions aujourd’hui. Le jeu verra le jour, avec une date de sortie prévue pour l’été 2019 sur PC et PlayStation 4.

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